A horizon se lève l’aube de la nouvelle conscience. Beaucoup d’éléments l’annoncent. S’ils sont encore dispersés, ils ne peuvent que converger un jour. Science et mystique cessent déjà de se tourner le dos. Aujourd’hui, la médecine étudie les techniques mystiques. Elle démontre que leurs effets ne sont point du tout imaginaires. Une partie de la psychanalyse s’intéresse de son côté, aux conséquences psychiques de la méditation.
Mais, surtout, l’impétuosité du courant scientifique a fait craquer le cadre mental dans lequel la science s’est pendant si longtemps enfermée. Depuis que nous savons que la matière est un état de l’énergie, les conceptions matérialistes ne suffisent plus à expliquer les phénomènes. L’étroit rationalisme de la logique cartésienne est depuis longtemps dépassé. Astrophysique et physique découvrent, l’une l’immensité de l’espace, l’infinité des mondes qui, de toutes parts, nous entoure, l’autre, dans l’espace intérieur, les structures subtiles de l’atome; entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, elles reconnaissent d’étranges ressemblances.
Plus curieusement encore, de grands savants, dans leurs interprétations, en viennent à faire usage de concepts intellectuels très proches de ceux des philosophies orientales que, cependant, ils ignorent.
Mieux connaître l’homme
L’idée qu’on se faisait de l’être humain est elle-même en train de changer. Paradoxalement, l’éthologie, l’étude du comportement et du psychisme des animaux y joue un rôle plus révolutionnaire que les recherches sur l’homme lui-même.Grâce a de nombreux travaux scientifique plus ou moins récents de Konrad Lorenz et de Niko Tinbergen, tout deux prix Nobel, nous commençons à mieux pénétrer les instincts profonds qui nous meuvent. Nous savons maintenant qu’ils expriment notre solidarité avec un monde animal qui fut si longtemps et avec tant d’irréalisme injustement rabaissé.
L’homme et l’animal cessent d’être séparés, dans la mesure où ils s’expliquent l’un par l’autre. De son côté, la jeune écologie nous fait redécouvrir l’interdépendance des espèces, les liens multiples qui unissent les individus, les milles interactions entre le milieu et l’être vivant.
Pour ces sciences nouvelles, l’individu ne peut être considéré en dehors de l’ensemble, ni l’ensemble séparé des individus. Il existe entre eux une interdépendance mutuelle.
Une profonde métamorphose
Quand se rassembleront toutes ces données pour le moment éparses, cloisonnées encore par l’hyperspécialisation de notre temps, alors nous nous trouverons devant une profonde métamorphose de l’esprit humain et il faudra bien qu’à cette transformation du mental corresponde une transformation comparable au niveau spirituel qui, nié pendant si longtemps, est aujourd’hui en train de renaître. Il faudra bien qu’à la connaissance venue du dehors corresponde l’expérience intérieure.
Un jour, nous nous retrouverons au carrefour où ce qui pendant des siècles à divergé se rencontrera finalement à nouveau. Ce sera nullement un retour en arrière, une régression, mais un réel avancement, car ce point-là se trouvera situé plus haut sur la spirale de l’évolution.
C’est à ce mûrissement, à cette mutation nécessaires que prépare la méditation.
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